Terrorvision au pays des Schktroumphfs nazis

June 3rd, 2009 by Pounk

Avoir des amis de Facebook, c’est un peu comme posséder un terrarium sans devoir s’occuper des déjections. Comme on soulève une pierre au pied d’un arbre pour y surprendre une activité grouillante, on trouve en se connectant sur Facebook de quoi occuper les plus mornes des soirées consacrées à la procrastination. Les amis de Facebook ressemblent aux amis de Myspace, une pointe de tranches de vies en guide d’accompagnement. Les amis de Facebook sont fans des baisers sous la pluie. Les amis de Facebook sont contre la mort d’un chien dans le cadre d’une création artistique. C’est souvent les amis de Facebook que l’on connait depuis le plus longtemps que l’on a appris à détester le plus. Les amis de Facebook trainent dans leur sillage des relents d’un passé que l’on aimerait oublier.

Le tenancier du vidéo club à deux pas de chez moi est un peu mon ami de Facebook. Il connait mon numéro d’abonné par coeur. Quand j’entre dans la boutique, il me salue toujours par un bruyant “Monsieur 8498 ! Bonsoir !”. Comme tous les bibliothécaires et leurs produits dérivés, il souffre de rétention annale. Il attache beaucoup d’importance à l’hygiène corporelle de ses DVD. Il me loue toujours la même version d’un film que je n’ai pas envie d’acheter et que j’aime revoir régulièrement. Le disque est immaculé. C’est devenu mon DVD, je ne le loue pas, je paie sa pension. Désirant en emporter un deuxième pour divertir jusqu’à plus soif mon jeune et turbulent héritier, je désigne “Porcinet au pays des sodomites” du doigt. Saisissant son chiffon doux, il se lance dans un monologue.

- Je vais quand même vérifier que Porcinet est propre avant de te le donner… La meuf qui me l’a ramené m’inspire pas confiance. Oh mais ! Elle a mis ses gros doigts de truie sur mon DVD ! Mais quelle grosse salope ! Elle me cherche, elle va me trouver ! C’est les Experts du videoclub ici ! Il y a des secrétions vaginales sur mon DVD ! Elle va finir en taule cette grosse pute !

Sa jeune assistante asiatique, par ailleurs sa maitresse, acquiesce. Elle ne l’écoute pas, mais ce soir elle va prendre juste après Les Experts. Je ne regarde plus la télévision depuis longtemps, mais il m’arrive malheureusement de l’entendre. Je connais les Experts comme un feuilleton radio dont les dialogues seraient entrecoupés de morceaux de Nine Inch Nails. L’intrigue est simple.

Un homme, joueur invétéré et connu pour son amour des chocolats décède de manière suspecte. Les Experts déterminent rapidement que c’est un empoisonnement au plomb qui l’a tué. Il a un éclat de balle dans la jambe, mais pas assez de plomb pour l’intoxiquer. La serveuse revancharde a bien versé quelques gouttes ophtalmiques dans son verre, mais ne savait rien de la réaction entrainée par la présence du plomb. A cinq minutes de la fin, tout s’éclaire. Le coupable était le chocolat. Il faut savoir que pratiquement toute la production mondiale de chocolat vient de Côte d’Ivoire. C’est un pays d’Afrique. Ils ne connaissent pas l’essence sans plomb inventée par Al Gore pour son travail de fin d’études. Les fameuses pluies acides avaient contaminé le chocolat du malheureux parieur.

Je ne comprends toujours pas que l’on puisse regarder trois épisodes de cette série en enfilade. James préfère “Les petits Einstein”. Une série animée très mal dessinée où quatre jeunes héros sous acide font le tour d’une oeuvre d’art et d’un morceau de musique classique. Je tirais une certaine fierté à être le seul de ma famille à reconnaître le Rhinocéros de Dürer ou le Vol du bourdon de Nikolaï Rimski-Korsakov jusqu’à l’incident dit de La grande vague de Kanagawa où je ne me souvenais plus du nom d’Hokusai. Ce soir là j’ai perdu ce qu’il me restait de dignité aux yeux de mon fils. Mon infaillibilité a mordu la poussière.

Je n’aime plus la télévision et même les bons souvenirs que j’en ai s’étiolent. J’ai vu Frédéric Taddeï mener un débat sans queue ni tête sur les attributs virils. Je n’ai plus envie de revoir celle qu’il avait animée sur ARTE et où il visitait des capitales européennes de nuit avec Ariel Wizman. Je voulais retrouver cette anecdote sur la ville de Bucarest qu’un architecte roumain m’a depuis confirmée. De nos jours Taddeï fait dans le speed dating de la pensée. Plusieurs femmes d’aujourd’hui avaient pour mission de débattre de la virilité en utilisant les mots “petites culottes” à au moins trois reprises.

Les interventions de Peggy Sastre, auteur d’un ouvrage consacré à sa vision du féminisme, tenaient de la dispute scolastique comparées à celles de ses voisines de plateau. Une dame caniche mutante tout droit sortie d’un épisode des Experts nous a présenté des chiffres énormes de malheur quantifié tout en modifiant l’ADN des femmes à grands coups de corsets. La télévision a plongé dans un crossover menant au tout à l’égout. Il n’y aura bientôt plus qu’un seul programme à tourner en boucles. On y verra un nichon se prendre une balle dans la tête entre deux tranches de pain moelleux couvert de sésame.

J’essayais de murir en paix.

Ambiance musicale : Nine Inch Nails – The Fragile – The Fragile

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Sois belge et tais toi

April 8th, 2009 by Pounk

La Belgique. Onze millions de demeurés agglutinés sur 30.000 km². Les deux principales ethnies se partagent le territoire, les Hutus flamands occupant le Nord et les Tutsis wallons le Sud du pays. Si au milieu se dresse la barrière de la langue, l’actualité nous montre plus que jamais qu’il n’y a pas de frontière à la connerie humaine.

Le Hutu est travailleur, solide et organisé. Longtemps frustré par un régime linguistique aussi dégradant qu’humiliant, il tente maintenant qu’il s’est libéré de ses chaines d’imposer son abject conglomérat de patois germanisant partout où une administration kafkaïenne lui en donne la possibilité. Les joues empourprées par un léger fascisme de salon, il s’est promis de bouter son immonde et paresseux voisin socialisant hors de sa réalité économique.

Le Tutsi est chômeur de longue durée de père en fils depuis la fermeture des mines de charbon du bassin carolo-liégeois. Il n’est ni très courageux, ni très prévoyant et ne renâcle pas à l’idée de vivre aux crochets de son incompréhensible voisin du Nord. Les principes de solidarité, de vacances à mer et d’alimentation riche en graisses fondent les piliers structurels d’une société qui a vu naitre une révolution industrielle avant d’échanger son rêve contre un paquet de chips et une pompe à bière Perfect Draft.

Les deux peuples entretiennent une guerre de pacotille où chaque mesquinerie administrative retarde de quelques précieuses minutes l’avancée vers la raison. Aucune décision politique importante n’est envisageable sans passer par un compromis stupide destiné à la vider de son sens. Il est intéressant de constater que le Belge, toutes ethnies confondues, s’est tellement habitué à l’inefficacité chronique de son gouvernement qu’il n’en remarque même plus l’absence.

Il est pourtant une matière où la Belgique brille par le biais de ses législateurs et de son pouvoir exécutif : Le principe de droit international connu sous le nom d’incompétence universelle.

Si l’on veut résumer grossièrement la situation, on peut rappeler que la Belgique s’est auto-attribuée en 1993 par un vote unanime une qualité de compétence universelle sans considération du lieu où l’auteur présumé d’un crime peut être trouvé. Sur simple constitution d’une partie civile et sans tenir compte d’aucune immunité, le plat pays se donne le droit d’arrêter et de juger tous les tyrans posant le pied sur le sol du royaume. Dans les faits, la loi n’est absolument pas applicable pour peu que l’on s’appelle Ariel Sharon et que l’on soit accusé des massacres de Sabra et Chatila. A la moindre visite d’un présumé criminel aux institutions européennes, le texte est modifié et la plainte oubliée. La Belgique venait de donner naissance au concept d’incompétence universelle.

Depuis plusieurs années, des sans-papiers en attente de régularisation vivent sur le territoire belge dans un flou juridique total et une menace d’expulsion permanente. Sans possibilité de travailler légalement, ils sont réduits à une forme d’esclavage moderne reposant sur le travail au noir et la cupidité des marchands de sommeil. Parfois depuis plus de dix ans, ils attendent des réponses à la question de leur futur. Malgré de nombreuses actions de sensibilisation, les instruments du pouvoir n’ont jamais réussi à se mettre d’accord sur le sort qui leur sera réservé.

Pourtant, le législateur a trouvé le temps de poser un geste fort.

Le Vatican a pris acte par la voie de ses évêques du vote par la Chambre des représentants d’une résolution déclarant “inacceptables” les déclarations du pape concernant la lutte contre le sida. De suite, le sénat a exigé de pouvoir lui aussi voter une résolution déclarant tout aussi “inacceptables” ces mêmes déclarations. Tandis que l’Espagne inonde l’Afrique de préservatifs, la Belgique ajoute l’inacceptabilité à l’arsenal juridique de son incompétence universelle.

Du beau boulot.

Ambiance musicale : PJ Harvey & John Parish – Black Hearted Love – A Woman A Man Walked By

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Pascal Sevran est mort : Une bouche de moins à nourrir.

May 18th, 2008 by Pounk

Le Voyage De Penelope s’achève avec la semaine qui s’éteint. Tous les dimanches de Mai finissent en soirs d’automne. Depuis toujours, le mois de Mai est le pire de tous. Même le mois de Novembre qui débute par une sale ambiance de Toussaint ne lui arrive pas à la cheville. Si on devait comparer le mois de Mai à une des douze plaies d’Egypte *, ce serait sans aucun doute celle où l’anus des malheureuses victimes se transforme en ruche pleine d’abeilles. Ca craint. Mais le pire, pendant le mois de Mai c’est qu’il y a mon anniversaire en plein milieu **.

Je suis atteint d’une grave maladie génétique dégénérescente. Tous les ans à la même date, je vieillis d’un an. Ma capacité à absorber de la bière pour la transformer en connerie s’efface peu à peu au profit de celle qui me permet de remplir un seau de dix litres avec mon propre vomi en moins d’un quart d’heure. Tout mon organisme fonctionne un peu moins bien que la veille. Je me sens instantanément et irrémédiablement diminué. Le seule chose qui augmente encore avec le temps c’est mon addiction à l’héroïne et à la pédo-pornographie ***. Mes amis sont les premiers à s’en rendre compte et ne manquent pas de me souhaiter de passer un bon anniversaire malgré tout. Ils osent à peine me regarder en face pour me le dire. Cette compassion me met mal à l’aise.

C’est pour cette raison, dans le but de faciliter la tâche à mes proches, et sentant à mon age christique une fin lente et douloureuse se dessiner à l’horizon que j’ai décidé d’écrire mes dernières volontés. J’aimerais avant tout un enterrement qui respire la joie. Que l’on expose mon corps nu dans un cercueil intérieur léopard et qu’il soit donné à chaque convive la possibilité de poser avec moi dans la position de son choix pour une ultime photo souvenir. J’ose espérer que ceux qui se disent de mes amis auront le bon goût de ne pas me mettre la bite en bouche ou d’uriner sur ma dépouille. Pour le reste, ils ont ma confiance.

Ensuite j’aimerais être gonflé à l’hélium, que l’on me couse tous les orifices et que l’ont m’attache au toit du funérarium. Des fusils de chasse seront distribués à l’assemblée contrite, et le premier à m’abattre recevra le droit de ramener un trophée. Il faut que je fasse un testament **** pour définir les modalités concrètes de mon rite funéraire personnel.

Le mois de Mai. Sale période. Mais tout n’est pas noir dans mon malheur et j’ai cette année encore eu droit aux plus merveilleux des cadeaux. Les marques d’affection de mes proches, l’occasion de croiser cette bonne madame Gruiikkk de passage au pays avec son homme, sa copine alcolo et le courageux monsieur Lib, les premiers pas de mon fils explorant seul la cuisine avec la détermination d’un Indiana Jones de moins de 70 ans, et surtout, une promesse de faveurs sexuelles qui n’est pas tombée dans l’oreille d’un sourd *****. Au concours du plus joli bricolage il n’y avait cette année qu’une participante et elle remporte l’épreuve haut la main. Ajoutons à cela que l’homme qui voulait stériliser l’Afrique ne dira plus jamais de connerie et je suis en mesure de dresser un bilan positif. Merci à tous.

Ainsi commence ma 34ème année, sur fond de mélancolie, tandis que se termine le Voyage De Penelope. En Mai, le dimanche soir, il ne me reste que la musique d’ascenseur et un coeur rempli de ceux que j’aime.

Yo Bitch !

* Ma charmante épouse me signale à l’instant qu’il n’y aurait sur le plan strictement biblique que dix plaies d’Egypte connues et recensées. Celle de l’anus plein d’abeilles n’en ferait pas officiellement partie. Wikipedia semble lui donner raison. Mais pour ce que j’en sais, Wikipedia n’est pas infaillible. Il suffit de lire l’article sur blanche neige et les sept nains pour s’en apercevoir. Prof, Atchoum, Dormeur, Timide, Grincheux, Joyeux. Il n’y est pas fait mention d’un éventuel septième nain. Pourtant le titre porte bien que « Blanche Neige et les SEPT nains ». Alors qu’on ne vienne pas m’agiter Wikipedia sous le nez. Il y a douze plaies d’Egypte si je veux.

** Ma non moins charmante épouse me fait remarquer qu’il y à 31 jours en Mai et que 15 jours ne constituent pas exactement la moitié de 31. En effet. Je pense que Wikipedia ne se prononce pas sur le sujet. C’est comme cette histoire de douze plaies d’Egypte. Il y a bien douze travaux d’Hercules, douze salopards ou encore douze commandements.

*** Mais non maman, c’est pas pour du vrai. Il faut savoir que ma maman fait partie de mes fidèles lectrices. Merci maman.

**** Il n’y aurait, toujours selon ma délicieuse épouse, que dix commandements dans tout l’ancien testament. Wikipédia semble formel sur la question. Ca prouve que tout le monde peut se tromper et que d’autres ne perdent rien pour attendre.

***** Madame Wikipedia se reconnaîtra.

Ambiance musicale : Air – Le Voyage De Penelope – Moon Safari

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Comme une aiguille dans Cévennes

February 13th, 2008 by Pounk

Mercredi, 7:30. Le réveil sonne.

Bonne St-Valentin mon amour ! Tu sais de quoi j’ai envie ? De croissants.

Le matin, c’est à dire la période avant 11:30, j’ai besoin d’exécuter un rituel de mise en route de mon système nerveux avant de prétendre être éveillé. Grâce à une discipline de fer et un entraînement acharné de plus de trente ans, j’exécute au quotidien ces mêmes gestes immuables qui me rendent opérationnel.

- Je vais pisser.
- Je fume une cigarette.
- Je me couche pour une sieste rapide de 5 minutes.
- Environ 25 minutes plus tard, ma femme gueule pour que je me lève.
- Je fume une cigarette.
- Je prends une douche.
- Je fume une cigarette.
- Je cherche la chambre.
- Je fume une cigarette.
- Je trouve la chambre.
- Je cherche mes vêtements
- Je fume une cigarette.
- Je m’habille.
- Je fume une cigarette.

Ce n’est qu’une fois la cérémonie d’éveil terminée que je cours vers la bouche de métro, accusant 45 minutes de retard sur l’horaire prévu. Mais aujourd’hui est un jour d’exception.

A la St-Valentin, si tu veux tirer ton coup, à tous les caprices de la patronne tu céderas…

Pas de douche, juste le temps de fumer une cigarette en enfilant mes guenilles sur le chemin du supermarché d’en face. Prévenante, ma femme a glissé un mot doux dans ma poche. Ému, j’en fais la lecture.

- Un croissant au sucre.
- Un croissant au beurre.
- Du lait chocolaté.
- Un oignon.
- Un pain non coupé.
- Un sac de 15 kg de litière pour chat.
- Un kg de farine.
- Un kg de sucre.
- Six oeufs.
- Du beurre.

Après tout, nous ne sommes pas un jour comme les autres. Il est 7:55 et le supermarché va ouvrir ses portes d’un moment à l’autre. Je vais lui faire ses foutues courses.

De retour à la maison, chargé comme un mulet cycliste professionnel au départ du tour de France, je jette non sans fierté un coup d’oeil rapide à ma montre. Nous sommes le 13 février, il est 8:25 et je suis pratiquement prêt à partir en direction du boulot et à arriver à l’heure pour la première fois de l’année. Je m’attends déjà à un accueil triomphal de mes collègues. Ils ne manqueront pas de souligner avec la finesse qui les caractérise que je suis tombé du lit ou encore que j’ai du passer la nuit au bureau pour être là avant eux.

C’est à ce moment précis, grâce aux bienfaits de la nicotine, que j’ai découvert l’immonde manipulation dont je venais d’être victime. Traditionnellement, le jour de la St-Valentin est le 14 février.

Demain.

Sa mère la pute.

Tel l’écureuil dans la fable de l’autre, je jure sur un pétard qu’on ne m’y reprendra plus.

Plus tard dans la journée, à la lecture des événements de l’aube que je retiendrai sous le nom de complot de la St-Valentin, j’ai décidé que seul un isolement total dans un lieu désertique pourrait me rendre le goût des relations sociales avec mes semblables. J’ai besoin de temps pour que les plaies cicatrisent. Je vais partir seul pour une expédition dans le parc national des Cévennes. C’est une sorte de réserve naturelle dans la Lozère, un bled en France.

Là, à l’abri des regards et de la violence de mon environnement urbain, je pourrai entrer en communion avec la nature et retrouver le goût des choses simples. Tel le bateau de la pub Herta descendant le caniveau sur un filet de pisse et une musique triste, j’ai déjà commencé mon périple.

Après d’âpres négociations, ma jeune épouse, encore honteuse de ses turpitudes matinales, a donné son accord pour mon projet d’escapade solitaire. Elle y a mis comme seule condition que je me trouve une maîtresse rompue aux techniques de survie en milieu rural, de notions de premiers secours et sachant se servir de sa langue (Je ne sais plus dans quel contexte elle a évoqué le troisième point, mais je ne suis pas du genre à chicaner).

Renseignements pris, il paraîtrait que ce foutu parc ne soit pas si désert que ce que j’imaginais et qu’il soit peuplé d’ours mangeurs d’hommes bodybuildés et tatoués qui écoutent du Johnny en faisant des doigts aux randonneurs. Rien à foutre. Un sac de couchage, un bloc de lard salé, une bombe de spray anti-ours et un casier de bières et je serai prêt pour ma quête initiatique. A moi la grande aventure.

Ambiance musicale : Sleep – Dragonaut – Sleep’s Holy Mountain

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Back in black

January 6th, 2008 by Pounk

Nouvelle année, l’heure du bilan et des bonnes résolutions. Commençons par le bilan, c’est plus simple et ça ne m’oblige pas à mentir.

L’année 2007 fut pleine de rebondissements. L’arrivée de mon jeune hériter et de ses couches sales, de mon nouvel ampli Orange Rocker 30 ou encore le régime spécial jeans slim sont autant d’événements marquants qui ont fait des douze derniers mois une période cruciale de mon existence. Le nain se porte bien et grandit avec sagesse, mon combo full class A équipé de deux EL 34 et d’un HP celestion vintage 30 assemblé par des lutins à la main en Angleterre se marie parfaitement à ma pédale zvex Fuzz Factory et aux humbuckers de ma Reverend Rocco, sans oublier que la perte bienvenue des 15 derniers kg pris pendant ma grossesse me permet à nouveau de porter du small et d’admirer mon pénis sans devoir utiliser un subtil jeu de miroirs.

L’année 2008 ne sera pas moins chargée. Bientôt l’heure de me trouver un nouveau boulot, moins pénible et sans doute moins lucratif, mais espérons le, ne m’obligeant à avoir des handicapés mentaux pour collègues. Peut-être plus de temps pour aménager mon taudis et les 100 m² qui me servent d’égouts à ciel ouvert au sous-sol. Remonter un studio digne de ce nom pour ne plus gaspiller un temps devenu trop précieux. Mon nouveau mantra sera :

« Enregistrer, filmer, écrire, produire, picoler »

C’est que la vie de parents, ce n’est pas de la rigolade. On doit apprendre à optimiser chaque seconde. Il faut être à l’affût de chaque moment de temps libre pour le rentabiliser au mieux. Sans une discipline de chaque instant, on finit vite faute de disponibilité, dans le marasme créatif.

« Enregistrer, fumer, écrire, produire, picoler »

Profitons de la vie et de nos derniers neurones encore vaillants avant qu’il ne soit trop tard. L’horloge tourne implacablement, plus le temps de regarder en arrière. Il est de notre devoir de laisser aux générations futures un héritage culturel autre que les albums de la starac, les soporifiques et chastes aventures du petit magicien puceau ou encore les séries à thème médico-légal.

« Enregistrer, fumer, écrire, procrastiner, picoler »

En signe de bonne volonté, j’ai décidé de mettre un bon coup de peinture sur mon modeste broll. J’envisage de proposer un décor plus coloré et d’aborder des thématiques en phase avec les vraies préoccupations des jeunes. Commencer par balayer devant sa porte me semble un bon début.

« Enregistrer, fumer, dormir, procrastiner, picoler. »

C’est qu’il ne faut pas se leurrer. Que nous reste-t-il en guise de lectorat ? Une poignée d’alcooliques usées par le temps, à la poitrine tombante et à l’haleine de carapills. Ce n’est pas grave, elles peuvent rester. Mais ou sont passées les jeunes lectrices aux seins fermes et au regard de braise qui envoyaient volontiers leurs sous-vêtements portés parfois plusieurs jours par colis recommandés ?

« Glander, fumer, dormir, procrastiner, picoler. »

L’heure est au changement et le moment est venu de faire front contre l’adversité. Année 2008, je m’en vais t’enculer avec une poignée de gravier.

Ambiance musicale : The Velvet Underground – I’m waiting for the man – The Velvet Underground and Nico

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Le train pour la dernière douche

December 4th, 2007 by Pounk

A la douche

Le monde libre n’est pas encore au courant, mais l’agresseur flamoutch a envahi Bruxelles et pris le contrôle de la capitale. Ils tiennent la population francophone en otage et surveillent tous nos moyens de communication. Ce message a traversé la barrière linguistique caché dans l’anus d’un pigeon voyageur avant de parvenir en république familiale wallonne et d’être publié pour vous par ma pauvre mère (Ne t’inquiète pas maman, tout va bien. Le petit est en sécurité et je ne sors pas de ma cachette).

Heureusement pour nous, ma femme est à moitié flamande et la Gestaplops lui fout la paix. Pour ma part, je vis caché dans la cave de notre habitation, sans faire le moindre bruit ni me faire remarquer. Mon sang wallon fait de moi la parfaite Anne Frank. Reverrai-je un jour la coulée continue de sirop de Liège ? Mes pieds fouleront-ils encore le sol du signal de Botrange ? Aurai-je l’occasion de frissonner à nouveau devant la cascade de Coo ?

Ce matin, par le soupirail, j’ai entendu les jeunesses de la NVA défiler dans nos rues. Les nouvelles venant de l’extérieur ne sont pas bonnes. La voisine a dit à ma femme qu’un groupe d’adolescents avait battu à mort un francophone qui refusait de porter le coq wallon jaune à sa veste. On raconte aussi que les wagons à bestiaux des abattoirs d’Anderlecht ont été réquisitionnés par la Komandantur flamoutch. J’ai peur pour l’avenir de mes compatriotes. La Belgique risque de devenir rapidement le plus gros exportateur mondial de savon. Encore heureux que le wallon soit mauvais combustible, nous servirions de solution à la crise du pétrole.

J’ai peur. Mais j’ai eu droit à ma pipe.

Ambiance musicale : Nine Inch Nails / Modwheelmood – The Great Destroyer – Y34RZ3R0R3M1X3D

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Save the princess, Save the world

August 31st, 2007 by Pounk

A force de dépenser le denier public en préservatifs XXL et en culottes ventre-plat, sa majesté la princess de Klopoland est dans une merde financière sans nom. Cette grosse pocharde s’est ramassé une amende de 550 euros pour tapinage sur la voie publique. Si on ne fait rien pour l’aider, elle devra faire piquer Ernest, son fidèle et unique sujet. Je lui avais bien proposé de coucher avec un de mes collègues, connu pour son alcoolisme et ses problèmes d’érection, et qui serait prêt à débourser le double de la somme pour tirer son coup. Malheureusement, celui-ci a refusé.

Soucieux de préserver les excellents rapports diplomatiques que nous entretenons avec la principauté klopolandienne, j’ai décidé d’organiser mon propre klopothon. Je mets aux enchères un objet qui m’est cher et je m’engage à verser l’entièreté de la somme récoltée à la fondation « Save the princess, Save the world ».

L’objet proposé à la vente est un très élégant set de poils pubiens m’ayant appartenus durant de longues années. Il vous est présenté dans son ruban de protection et est accompagné d’un certificat d’authenticité en bonne et due forme.

Les poils, c'est trop de la balle !

Le set de poils pubiens fait la joie de la ménagère de moins de cinquante ans. Il peut être porté en broche, faire office de porte-bonheur, remplacer élégamment la queue de raton-laveur pendue à votre rétroviseur, prendre place dans le sapin parmi les décorations de Noël ou encore donner une saveur « agriculture bio » à votre tasse de thé.

Le prix de départ est fixé à 1 euro. N’hésitez pas à proposer vos enchères en commentaires ci-dessous, toute participation étant la bienvenue.

Vous pouvez faire directement un don au compte Dexia 063-1822838-49
avec la communication « save the princess + votre mail ».
(IBAN: BE97 0631 8228 3849 – BIC: GKCCBEBB)

Ambiance musicale : The Beta Band – Dry the rain – The Three E.P.’s

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Copinage synchronisé

August 23rd, 2007 by Pounk

Je vous ai déjà parlé de madame Gruiikkk et de madame Locca ?

Vous avez aimé Laurel et Hardy ? Boule et Bill ? Tango et Cash ? Smith et Wesson ? Elie et Dieudonné ? Marcel et son orchestre ?

Imaginez le tout réuni dans le corps de deux petites grosses en chaleur, et vous aurez la paire d’artistes la plus prometteuse depuis Chevallier et Laspales.

Alors on se bouge le cul et on va se prosterner à l’univers du queer – saison 3 aux ateliers Mommen le 29 août entre 15:00 et 01:00.

Univers du cuir 3

Moi je suis fan, mais c’est surtout par ce qu’elles sentent bon la bière.

Ambiance musicale : Gallows – Will Someone Shoot That Fucking Snake – Orchestra of Wolves

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The Dirty Bigmac

August 22nd, 2007 by Pounk

Non, je ne parlerai pas de James. Le vilain petit bonhomme est puni. Il a utilisé mon ordinateur en cachette pour envoyer sa photo chez t-shirt hell. Je vais avoir l’air de quoi quand le monde entier saura que mon gamin est mieux monté que moi ?

Pour la peine, il est interdit de brollerie pendant trois mois.

James

Intéressons-nous plutôt au cas de sa mère. Elle s’est mise en tête de me faire suivre un régime weight watchers. Fini de manger des frites tous les jour, la garce me tient à l’oeil. Adieu mirifiques fricandelles et pizzas quatre fromages napées de gorgonzola. L’heure est grave, l’heure est à la diète. Je me nourris quasi exclusivement de galettes de riz. Pour ceux d’entre vous qui ne connaîtraient pas les galettes de riz, c’est comparable à une tartine au salami, sans le salami et le bon goût du pain.

Malgré tout, le régime ne présente pas que des inconvénients. Pas plus tard qu’hier, je lui ai échangé la part de gâteau à la fraise qui me revenait de droit contre une promesse de fellation. Sans compter que grâce au régime, j’ai définitivement renoncé aux horribles pizzas du Dr Oetker. Qui n’en a jamais mangé ne peut vraiment comprendre, mais le fameux Dr Oetker est à l’industrie alimentaire ce que le Dr Mengele était à l’éthique médicale. Si je devais comparer une pizza quatre saisons du Dr Oetker à mon vécu, je dirais que c’est très proche de mes rapports sexuels vers l’age de 18 ans. Pas très bon et vite consommé, ça commence par un thon et ça finit avec des champignons.

Quand on fait régime, on ne cède pas aux tentations des plats préparés. On se contente de ses galettes de riz et on fait semblant de les aimer. Si on s’autorise à consommer de vraies calories, on prend soin de ne choisir que des produits à la saveur irréprochable pour faire tendre le rapport « plaisir de manger / prise de gras du cul » vers son niveau le plus avantageux. Des plats qui ne seraient composés que des meilleurs aliments. Un peu comme The Dirty Mac.

Lorsque les Rolling Stones enregistrent leur Rock and Roll Circus pour la télévision en décembre 1968, John Lennon s’entoure de Mitch Mitchell à la batterie, de Keith Richards à la basse et d’Eric Clapton à la guitare lead pour répondre à l’invitation sous le nom de The Dirty Mac. Ils interprètent deux titres dont l’inoubliable Yer Blues. Deux de mes héros sur scène.

Pendant que « Dieu – Eric – Slowhand – Clapton » s’envoie des pentatoniques enchaînées de bends de malade avec une facilité déconcertante et sa paresse caractéristique, Keef à la basse nous démontre une fois de plus, que jouer défoncé, c’est possible. Nous sommes en présence de dieux vivants. Là où Page et Hendrix ont poussé la guitare dans ses derniers retranchements, nos deux compères nous rappellent qu’ils sont les deux guitar heroes les plus paresseux de l’histoire de la musique. Mais dans l’art d’en faire le moins possible, personne n’est jamais parvenu à sonner aussi bien qu’eux.

* Pour Pando : Clapton c’est le monsieur à la guitare rouge. Celui avec les lunettes c’est John Lennon.

Tandis que j’avale une galette de riz en savourant ce moment de bonheur musical et de franche admiration, je crois bon de rappeler à ma femme toute tricotante (ils doivent faire une maintenance des serveurs de World of Warcraft) que l’objet que Clapton tient dans les mains est un de mes plus grands fantasmes. Une Gibson ES 335 Block antique red de 1963. Ce magnifique instrument arrive premier au top cinq des guitares qui me font bander.

- Tu vois çà, j’en rêve depuis toujours.
- Celle de Lennon ?
- Non, celle de Clapton.
- Il suffisait de demander, tu l’auras.
- Sérieux ?
- Oui, c’est un modèle assez simple.
- Ha ben non, c’est même plutôt rare.
- Je vais me débrouiller, demain je commande la laine !

Pour Noël je ne recevrai pas une Gibson. Ce sera une veste de hippie en carrés de laine rouge. Je suis deux fois plus content de faire régime.

Clapton

Ambiance musicale : Cake – I Will Survive – Fashion Nugget

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L’éjaculation fait le larron

August 8th, 2007 by Pounk

J’ai promis de ne pas vous parler de James. James c’est mon fils. Nous l’avons déjà évoqué à plusieurs reprises sur ce modeste brol. James découvre la sexualité et s’intéresse en particulier à l’éjaculation faciale, discipline oh combien technique à laquelle il s’exerce avec beaucoup de détermination. Considérant qu’il est encore un peu jeune pour saisir toute la portée de son activité, je profite qu’il soit au lit pour vous faire part de l’avancement de mes recherches en la matière.

slurp

Un blogueur aussi célèbre que désoeuvré m’a envoyé une petite vidéo trouvée sur le net où l’on voit un chien lécher avec application le sexe de son maître. Au terme de la séance, le cinéaste amateur arrose copieusement de sa semence le museau de son compagnon canidé. L’animal, je ne saurais dire si c’est un labrador ou un golden retriever, semble satisfait du devoir accompli. Le titre de meilleur ami de l’homme prend tout son sens.

Je décidai immédiatement d’en faire profiter mon entourage. Les réactions furent unanimes. Les cinq femmes à qui j’ai montré la vidéo, bien que de profils différents, ont toutes réagi en me disant « Pauvre bête ! ». Pas une n’a remarqué qu’elle s’adonnait au même exercice que le chien depuis des années et que jamais personne ne s’était apitoyé sur leur sort au point de les considérer comme de « pauvres femmes ». De là à s’interroger sur la supériorité du statut social du chien sur celui de la femme, il n’y a qu’un pas que je m’apprête à franchir. Pour rappel, cela fait plus d’un an que je n’ai pas reçu de mail d’insultes de mes amies féministes, et même si j’ai du mal à l’avouer, ces petites gouines à la syntaxe approximative me manquent.

J’ai connu un type qui prenait son pied avec son clébard et une tranche de jambon. Sans entrer dans les détails, sa méthode consistait à frotter la tranche de jambon sur son sexe en érection pour attiser la convoitise du chien. N’écoutant que son estomac, l’animal se mettait rapidement à lui passer de grands coups de langues sur la hampe. Mais la caresse n’était pas une fin en soi; il prenait son plaisir en dégustant la charcuterie devant les yeux envieux de son partenaire canin. La dernière bouchée avalée, il se laissait aller à repeindre son fidèle compagnon. Il ne tirait pas sa jouissance d’une quelconque stimulation physique mais bien de l’expression de sa propre cruauté.

Mais revenons à nos brebis. Combien de femmes subissent pareils outrages dans le seul but de subsister ? Je ne parle même pas de prostitution organisée. Nous avons tous sous les yeux des exemples de femmes asservies par un mari qui les maintient prisonnières à grands coups de pressions socio-économiques. Là où l’exemple du chien semble révoltant, celui de la mère de famille contrainte de satisfaire son porc de mari pour conserver un toit ne choque plus grand monde.

Incapable d’expliquer ce phénomène de société, j’ai décidé de faire preuve de pragmatisme et d’attaquer le problème sous un autre angle. Le véritable enjeu n’est pas de comprendre ce qui rend à nos yeux et dans nos coeurs la femme inférieure au chien, mais bien de cerner ce qui rend le chien supérieur à la femme. De ce point de vue, tout devient limpide.

1. Le chien ne parle pas, et surtout, ne raconte pas vos petites manies à ses amies.
2. Le chien n’a pas conscience de sa parentéle et en particulier, n’entretient aucun rapport avec sa mère.
3. Le chien n’a jamais eu l’intention de faire un régime weight watchers, et encore moins de vous entraîner dans l’aventure.
4. Le chien ne fantasme pas sur Jude Law ou cet imbécile de Clive Owen.
5. Le chien ne regarde pas Urgences.

Mesdames, il vous reste du chemin à faire avant de reprendre à votre rival canin le titre de meilleur ami de l’homme. Il serait peut-être temps de se sortir les doigts du pot d’Häagen-Dazs.

Ambiance musicale : Cake – Friend is a four letter word – Fashion Nugget

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