Comme une aiguille dans Cévennes

février 13th, 2008 by Pounk

Mercredi, 7:30. Le réveil sonne.

Bonne St-Valentin mon amour ! Tu sais de quoi j’ai envie ? De croissants.

Le matin, c’est à dire la période avant 11:30, j’ai besoin d’exécuter un rituel de mise en route de mon système nerveux avant de prétendre être éveillé. Grâce à une discipline de fer et un entraînement acharné de plus de trente ans, j’exécute au quotidien ces mêmes gestes immuables qui me rendent opérationnel.

- Je vais pisser.
- Je fume une cigarette.
- Je me couche pour une sieste rapide de 5 minutes.
- Environ 25 minutes plus tard, ma femme gueule pour que je me lève.
- Je fume une cigarette.
- Je prends une douche.
- Je fume une cigarette.
- Je cherche la chambre.
- Je fume une cigarette.
- Je trouve la chambre.
- Je cherche mes vêtements
- Je fume une cigarette.
- Je m’habille.
- Je fume une cigarette.

Ce n’est qu’une fois la cérémonie d’éveil terminée que je cours vers la bouche de métro, accusant 45 minutes de retard sur l’horaire prévu. Mais aujourd’hui est un jour d’exception.

A la St-Valentin, si tu veux tirer ton coup, à tous les caprices de la patronne tu céderas…

Pas de douche, juste le temps de fumer une cigarette en enfilant mes guenilles sur le chemin du supermarché d’en face. Prévenante, ma femme a glissé un mot doux dans ma poche. Ému, j’en fais la lecture.

- Un croissant au sucre.
- Un croissant au beurre.
- Du lait chocolaté.
- Un oignon.
- Un pain non coupé.
- Un sac de 15 kg de litière pour chat.
- Un kg de farine.
- Un kg de sucre.
- Six oeufs.
- Du beurre.

Après tout, nous ne sommes pas un jour comme les autres. Il est 7:55 et le supermarché va ouvrir ses portes d’un moment à l’autre. Je vais lui faire ses foutues courses.

De retour à la maison, chargé comme un mulet cycliste professionnel au départ du tour de France, je jette non sans fierté un coup d’oeil rapide à ma montre. Nous sommes le 13 février, il est 8:25 et je suis pratiquement prêt à partir en direction du boulot et à arriver à l’heure pour la première fois de l’année. Je m’attends déjà à un accueil triomphal de mes collègues. Ils ne manqueront pas de souligner avec la finesse qui les caractérise que je suis tombé du lit ou encore que j’ai du passer la nuit au bureau pour être là avant eux.

C’est à ce moment précis, grâce aux bienfaits de la nicotine, que j’ai découvert l’immonde manipulation dont je venais d’être victime. Traditionnellement, le jour de la St-Valentin est le 14 février.

Demain.

Sa mère la pute.

Tel l’écureuil dans la fable de l’autre, je jure sur un pétard qu’on ne m’y reprendra plus.

Plus tard dans la journée, à la lecture des événements de l’aube que je retiendrai sous le nom de complot de la St-Valentin, j’ai décidé que seul un isolement total dans un lieu désertique pourrait me rendre le goût des relations sociales avec mes semblables. J’ai besoin de temps pour que les plaies cicatrisent. Je vais partir seul pour une expédition dans le parc national des Cévennes. C’est une sorte de réserve naturelle dans la Lozère, un bled en France.

Là, à l’abri des regards et de la violence de mon environnement urbain, je pourrai entrer en communion avec la nature et retrouver le goût des choses simples. Tel le bateau de la pub Herta descendant le caniveau sur un filet de pisse et une musique triste, j’ai déjà commencé mon périple.

Après d’âpres négociations, ma jeune épouse, encore honteuse de ses turpitudes matinales, a donné son accord pour mon projet d’escapade solitaire. Elle y a mis comme seule condition que je me trouve une maîtresse rompue aux techniques de survie en milieu rural, de notions de premiers secours et sachant se servir de sa langue (Je ne sais plus dans quel contexte elle a évoqué le troisième point, mais je ne suis pas du genre à chicaner).

Renseignements pris, il paraîtrait que ce foutu parc ne soit pas si désert que ce que j’imaginais et qu’il soit peuplé d’ours mangeurs d’hommes bodybuildés et tatoués qui écoutent du Johnny en faisant des doigts aux randonneurs. Rien à foutre. Un sac de couchage, un bloc de lard salé, une bombe de spray anti-ours et un casier de bières et je serai prêt pour ma quête initiatique. A moi la grande aventure.

Ambiance musicale : Sleep - Dragonaut - Sleep’s Holy Mountain

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Back in black

janvier 6th, 2008 by Pounk

Nouvelle année, l’heure du bilan et des bonnes résolutions. Commençons par le bilan, c’est plus simple et ça ne m’oblige pas à mentir.

L’année 2007 fut pleine de rebondissements. L’arrivée de mon jeune hériter et de ses couches sales, de mon nouvel ampli Orange Rocker 30 ou encore le régime spécial jeans slim sont autant d’événements marquants qui ont fait des douze derniers mois une période cruciale de mon existence. Le nain se porte bien et grandit avec sagesse, mon combo full class A équipé de deux EL 34 et d’un HP celestion vintage 30 assemblé par des lutins à la main en Angleterre se marie parfaitement à ma pédale zvex Fuzz Factory et aux humbuckers de ma Reverend Rocco, sans oublier que la perte bienvenue des 15 derniers kg pris pendant ma grossesse me permet à nouveau de porter du small et d’admirer mon pénis sans devoir utiliser un subtil jeu de miroirs.

L’année 2008 ne sera pas moins chargée. Bientôt l’heure de me trouver un nouveau boulot, moins pénible et sans doute moins lucratif, mais espérons le, ne m’obligeant à avoir des handicapés mentaux pour collègues. Peut-être plus de temps pour aménager mon taudis et les 100 m² qui me servent d’égouts à ciel ouvert au sous-sol. Remonter un studio digne de ce nom pour ne plus gaspiller un temps devenu trop précieux. Mon nouveau mantra sera :

« Enregistrer, filmer, écrire, produire, picoler »

C’est que la vie de parents, ce n’est pas de la rigolade. On doit apprendre à optimiser chaque seconde. Il faut être à l’affût de chaque moment de temps libre pour le rentabiliser au mieux. Sans une discipline de chaque instant, on finit vite faute de disponibilité, dans le marasme créatif.

« Enregistrer, fumer, écrire, produire, picoler »

Profitons de la vie et de nos derniers neurones encore vaillants avant qu’il ne soit trop tard. L’horloge tourne implacablement, plus le temps de regarder en arrière. Il est de notre devoir de laisser aux générations futures un héritage culturel autre que les albums de la starac, les soporifiques et chastes aventures du petit magicien puceau ou encore les séries à thème médico-légal.

« Enregistrer, fumer, écrire, procrastiner, picoler »

En signe de bonne volonté, j’ai décidé de mettre un bon coup de peinture sur mon modeste broll. J’envisage de proposer un décor plus coloré et d’aborder des thématiques en phase avec les vraies préoccupations des jeunes. Commencer par balayer devant sa porte me semble un bon début.

« Enregistrer, fumer, dormir, procrastiner, picoler. »

C’est qu’il ne faut pas se leurrer. Que nous reste-t-il en guise de lectorat ? Une poignée d’alcooliques usées par le temps, à la poitrine tombante et à l’haleine de carapills. Ce n’est pas grave, elles peuvent rester. Mais ou sont passées les jeunes lectrices aux seins fermes et au regard de braise qui envoyaient volontiers leurs sous-vêtements portés parfois plusieurs jours par colis recommandés ?

« Glander, fumer, dormir, procrastiner, picoler. »

L’heure est au changement et le moment est venu de faire front contre l’adversité. Année 2008, je m’en vais t’enculer avec une poignée de gravier.

Ambiance musicale : The Velvet Underground – I’m waiting for the man - The Velvet Underground and Nico

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Le train pour la dernière douche

décembre 4th, 2007 by Pounk

A la douche

Le monde libre n’est pas encore au courant, mais l’agresseur flamoutch a envahi Bruxelles et pris le contrôle de la capitale. Ils tiennent la population francophone en otage et surveillent tous nos moyens de communication. Ce message a traversé la barrière linguistique caché dans l’anus d’un pigeon voyageur avant de parvenir en république familiale wallonne et d’être publié pour vous par ma pauvre mère (Ne t’inquiète pas maman, tout va bien. Le petit est en sécurité et je ne sors pas de ma cachette).

Heureusement pour nous, ma femme est à moitié flamande et la Gestaplops lui fout la paix. Pour ma part, je vis caché dans la cave de notre habitation, sans faire le moindre bruit ni me faire remarquer. Mon sang wallon fait de moi la parfaite Anne Frank. Reverrai-je un jour la coulée continue de sirop de Liège ? Mes pieds fouleront-ils encore le sol du signal de Botrange ? Aurai-je l’occasion de frissonner à nouveau devant la cascade de Coo ?

Ce matin, par le soupirail, j’ai entendu les jeunesses de la NVA défiler dans nos rues. Les nouvelles venant de l’extérieur ne sont pas bonnes. La voisine a dit à ma femme qu’un groupe d’adolescents avait battu à mort un francophone qui refusait de porter le coq wallon jaune à sa veste. On raconte aussi que les wagons à bestiaux des abattoirs d’Anderlecht ont été réquisitionnés par la Komandantur flamoutch. J’ai peur pour l’avenir de mes compatriotes. La Belgique risque de devenir rapidement le plus gros exportateur mondial de savon. Encore heureux que le wallon soit mauvais combustible, nous servirions de solution à la crise du pétrole.

J’ai peur. Mais j’ai eu droit à ma pipe.

Ambiance musicale : Nine Inch Nails / Modwheelmood - The Great Destroyer - Y34RZ3R0R3M1X3D

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Save the princess, Save the world

août 31st, 2007 by Pounk

A force de dépenser le denier public en préservatifs XXL et en culottes ventre-plat, sa majesté la princess de Klopoland est dans une merde financière sans nom. Cette grosse pocharde s’est ramassé une amende de 550 euros pour tapinage sur la voie publique. Si on ne fait rien pour l’aider, elle devra faire piquer Ernest, son fidèle et unique sujet. Je lui avais bien proposé de coucher avec un de mes collègues, connu pour son alcoolisme et ses problèmes d’érection, et qui serait prêt à débourser le double de la somme pour tirer son coup. Malheureusement, celui-ci a refusé.

Soucieux de préserver les excellents rapports diplomatiques que nous entretenons avec la principauté klopolandienne, j’ai décidé d’organiser mon propre klopothon. Je mets aux enchères un objet qui m’est cher et je m’engage à verser l’entièreté de la somme récoltée à la fondation « Save the princess, Save the world ».

L’objet proposé à la vente est un très élégant set de poils pubiens m’ayant appartenus durant de longues années. Il vous est présenté dans son ruban de protection et est accompagné d’un certificat d’authenticité en bonne et due forme.

Les poils, c'est trop de la balle !

Le set de poils pubiens fait la joie de la ménagère de moins de cinquante ans. Il peut être porté en broche, faire office de porte-bonheur, remplacer élégamment la queue de raton-laveur pendue à votre rétroviseur, prendre place dans le sapin parmi les décorations de Noël ou encore donner une saveur « agriculture bio » à votre tasse de thé.

Le prix de départ est fixé à 1 euro. N’hésitez pas à proposer vos enchères en commentaires ci-dessous, toute participation étant la bienvenue.

Vous pouvez faire directement un don au compte Dexia 063-1822838-49
avec la communication « save the princess + votre mail ».
(IBAN: BE97 0631 8228 3849 - BIC: GKCCBEBB)

Ambiance musicale : The Beta Band – Dry the rain - The Three E.P.’s

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Copinage synchronisé

août 23rd, 2007 by Pounk

Je vous ai déjà parlé de madame Gruiikkk et de madame Locca ?

Vous avez aimé Laurel et Hardy ? Boule et Bill ? Tango et Cash ? Smith et Wesson ? Elie et Dieudonné ? Marcel et son orchestre ?

Imaginez le tout réuni dans le corps de deux petites grosses en chaleur, et vous aurez la paire d’artistes la plus prometteuse depuis Chevallier et Laspales.

Alors on se bouge le cul et on va se prosterner à l’univers du queer – saison 3 aux ateliers Mommen le 29 août entre 15:00 et 01:00.

Univers du cuir 3

Moi je suis fan, mais c’est surtout par ce qu’elles sentent bon la bière.

Ambiance musicale : Gallows – Will Someone Shoot That Fucking Snake - Orchestra of Wolves

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The Dirty Bigmac

août 22nd, 2007 by Pounk

Non, je ne parlerai pas de James. Le vilain petit bonhomme est puni. Il a utilisé mon ordinateur en cachette pour envoyer sa photo chez t-shirt hell. Je vais avoir l’air de quoi quand le monde entier saura que mon gamin est mieux monté que moi ?

Pour la peine, il est interdit de brollerie pendant trois mois.

James

Intéressons-nous plutôt au cas de sa mère. Elle s’est mise en tête de me faire suivre un régime weight watchers. Fini de manger des frites tous les jour, la garce me tient à l’oeil. Adieu mirifiques fricandelles et pizzas quatre fromages napées de gorgonzola. L’heure est grave, l’heure est à la diète. Je me nourris quasi exclusivement de galettes de riz. Pour ceux d’entre vous qui ne connaîtraient pas les galettes de riz, c’est comparable à une tartine au salami, sans le salami et le bon goût du pain.

Malgré tout, le régime ne présente pas que des inconvénients. Pas plus tard qu’hier, je lui ai échangé la part de gâteau à la fraise qui me revenait de droit contre une promesse de fellation. Sans compter que grâce au régime, j’ai définitivement renoncé aux horribles pizzas du Dr Oetker. Qui n’en a jamais mangé ne peut vraiment comprendre, mais le fameux Dr Oetker est à l’industrie alimentaire ce que le Dr Mengele était à l’éthique médicale. Si je devais comparer une pizza quatre saisons du Dr Oetker à mon vécu, je dirais que c’est très proche de mes rapports sexuels vers l’age de 18 ans. Pas très bon et vite consommé, ça commence par un thon et ça finit avec des champignons.

Quand on fait régime, on ne cède pas aux tentations des plats préparés. On se contente de ses galettes de riz et on fait semblant de les aimer. Si on s’autorise à consommer de vraies calories, on prend soin de ne choisir que des produits à la saveur irréprochable pour faire tendre le rapport « plaisir de manger / prise de gras du cul » vers son niveau le plus avantageux. Des plats qui ne seraient composés que des meilleurs aliments. Un peu comme The Dirty Mac.

Lorsque les Rolling Stones enregistrent leur Rock and Roll Circus pour la télévision en décembre 1968, John Lennon s’entoure de Mitch Mitchell à la batterie, de Keith Richards à la basse et d’Eric Clapton à la guitare lead pour répondre à l’invitation sous le nom de The Dirty Mac. Ils interprètent deux titres dont l’inoubliable Yer Blues. Deux de mes héros sur scène.

Pendant que « Dieu – Eric – Slowhand - Clapton » s’envoie des pentatoniques enchaînées de bends de malade avec une facilité déconcertante et sa paresse caractéristique, Keef à la basse nous démontre une fois de plus, que jouer défoncé, c’est possible. Nous sommes en présence de dieux vivants. Là où Page et Hendrix ont poussé la guitare dans ses derniers retranchements, nos deux compères nous rappellent qu’ils sont les deux guitar heroes les plus paresseux de l’histoire de la musique. Mais dans l’art d’en faire le moins possible, personne n’est jamais parvenu à sonner aussi bien qu’eux.

* Pour Pando : Clapton c’est le monsieur à la guitare rouge. Celui avec les lunettes c’est John Lennon.


Tandis que j’avale une galette de riz en savourant ce moment de bonheur musical et de franche admiration, je crois bon de rappeler à ma femme toute tricotante (ils doivent faire une maintenance des serveurs de World of Warcraft) que l’objet que Clapton tient dans les mains est un de mes plus grands fantasmes. Une Gibson ES 335 Block antique red de 1963. Ce magnifique instrument arrive premier au top cinq des guitares qui me font bander.

- Tu vois çà, j’en rêve depuis toujours.
- Celle de Lennon ?
- Non, celle de Clapton.
- Il suffisait de demander, tu l’auras.
- Sérieux ?
- Oui, c’est un modèle assez simple.
- Ha ben non, c’est même plutôt rare.
- Je vais me débrouiller, demain je commande la laine !

Pour Noël je ne recevrai pas une Gibson. Ce sera une veste de hippie en carrés de laine rouge. Je suis deux fois plus content de faire régime.

Clapton

Ambiance musicale : Cake – I Will Survive – Fashion Nugget

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L’éjaculation fait le larron

août 8th, 2007 by Pounk

J’ai promis de ne pas vous parler de James. James c’est mon fils. Nous l’avons déjà évoqué à plusieurs reprises sur ce modeste brol. James découvre la sexualité et s’intéresse en particulier à l’éjaculation faciale, discipline oh combien technique à laquelle il s’exerce avec beaucoup de détermination. Considérant qu’il est encore un peu jeune pour saisir toute la portée de son activité, je profite qu’il soit au lit pour vous faire part de l’avancement de mes recherches en la matière.

slurp

Un blogueur aussi célèbre que désoeuvré m’a envoyé une petite vidéo trouvée sur le net où l’on voit un chien lécher avec application le sexe de son maître. Au terme de la séance, le cinéaste amateur arrose copieusement de sa semence le museau de son compagnon canidé. L’animal, je ne saurais dire si c’est un labrador ou un golden retriever, semble satisfait du devoir accompli. Le titre de meilleur ami de l’homme prend tout son sens.

Je décidai immédiatement d’en faire profiter mon entourage. Les réactions furent unanimes. Les cinq femmes à qui j’ai montré la vidéo, bien que de profils différents, ont toutes réagi en me disant « Pauvre bête ! ». Pas une n’a remarqué qu’elle s’adonnait au même exercice que le chien depuis des années et que jamais personne ne s’était apitoyé sur leur sort au point de les considérer comme de « pauvres femmes ». De là à s’interroger sur la supériorité du statut social du chien sur celui de la femme, il n’y a qu’un pas que je m’apprête à franchir. Pour rappel, cela fait plus d’un an que je n’ai pas reçu de mail d’insultes de mes amies féministes, et même si j’ai du mal à l’avouer, ces petites gouines à la syntaxe approximative me manquent.

J’ai connu un type qui prenait son pied avec son clébard et une tranche de jambon. Sans entrer dans les détails, sa méthode consistait à frotter la tranche de jambon sur son sexe en érection pour attiser la convoitise du chien. N’écoutant que son estomac, l’animal se mettait rapidement à lui passer de grands coups de langues sur la hampe. Mais la caresse n’était pas une fin en soi; il prenait son plaisir en dégustant la charcuterie devant les yeux envieux de son partenaire canin. La dernière bouchée avalée, il se laissait aller à repeindre son fidèle compagnon. Il ne tirait pas sa jouissance d’une quelconque stimulation physique mais bien de l’expression de sa propre cruauté.

Mais revenons à nos brebis. Combien de femmes subissent pareils outrages dans le seul but de subsister ? Je ne parle même pas de prostitution organisée. Nous avons tous sous les yeux des exemples de femmes asservies par un mari qui les maintient prisonnières à grands coups de pressions socio-économiques. Là où l’exemple du chien semble révoltant, celui de la mère de famille contrainte de satisfaire son porc de mari pour conserver un toit ne choque plus grand monde.

Incapable d’expliquer ce phénomène de société, j’ai décidé de faire preuve de pragmatisme et d’attaquer le problème sous un autre angle. Le véritable enjeu n’est pas de comprendre ce qui rend à nos yeux et dans nos coeurs la femme inférieure au chien, mais bien de cerner ce qui rend le chien supérieur à la femme. De ce point de vue, tout devient limpide.

1. Le chien ne parle pas, et surtout, ne raconte pas vos petites manies à ses amies.
2. Le chien n’a pas conscience de sa parentéle et en particulier, n’entretient aucun rapport avec sa mère.
3. Le chien n’a jamais eu l’intention de faire un régime weight watchers, et encore moins de vous entraîner dans l’aventure.
4. Le chien ne fantasme pas sur Jude Law ou cet imbécile de Clive Owen.
5. Le chien ne regarde pas Urgences.

Mesdames, il vous reste du chemin à faire avant de reprendre à votre rival canin le titre de meilleur ami de l’homme. Il serait peut-être temps de se sortir les doigts du pot d’Häagen-Dazs.

Ambiance musicale : Cake – Friend is a four letter word – Fashion Nugget

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Tout doux list

juillet 29th, 2007 by Pounk

Graou !

Je vous ai déjà parlé de James ? James, c’est mon fils. Il vit une belle histoire d’amour avec Tigrou. J’espère qu’ils ne feront pas de petit, j’ai déjà assez de bouches à nourrir.

Mademoiselle Pando, dans sa grande mansuétude, m’a confié une mission. En camarade obéissant, je m’exécute. En gras, ce n’est pas encore fait.

- Manger du dauphin
- Couper un cordon ombilical
- Lécher la vitre d’un abribus
- Vomir sur les chaussures de son conjoint
- Se faire arrêter par les flics
- Se battre dans un bar
- Fabriquer un engin explosif
- Jouer devant plus de 50 personnes
- Se faire tatouer le nom de son enfant
- Passer une frontière avec de la drogue
- Avaler un poisson rouge
- Payer quelqu’un pour qu’il embrasse le cul d’un animal
- Regarder quelqu’un embrasser le cul d’un animal
- Porter les mêmes sous-vêtements pendant dix jours
- Publier un bouquin autre que technique
- Faire un coma éthylique
- Accepter un pari stupide
- Manger trois pizza d’affilée
- Brûler un livre
- Coucher avec Nick Cave et PJ Harvey
- Recueillir un chaton
- Rouler un patin à un inconnu
- Enregistrer une bonne chanson
- Dormir avec un seau
- Se réveiller dans la rue
- Apprivoiser un animal sauvage
- Mettre le feu à une voiture
- Se marier à Las Vegas
- Sauter d’un pont
- Voler pour manger

Ambiance musicale : Nick Cave – We came along this road – No more shall we part

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Barry Polders et l’ordre du pénis

juillet 24th, 2007 by Pounk

James

Je vous ai déjà parlé de James ? James, c’est mon fils. Il a beaucoup grandi ces dernières semaines. Dimanche matin, soucieux de lui transmettre le fruit de mon expérience, je lui ai appris à se raser. Le petit bonhomme fait déjà preuve de beaucoup de dextérité. Mais s’il a assimilé le geste, il n’a pas encore compris la pertinence de l’acte.

- Dis papa, pourquoi je dois me raser ?
- Pour faire comme tout le monde.
- Dis papa, pourquoi je dois faire comme tout le monde ?
- On vit en société, on essaye d’en respecter les règles.
- Dis papa, c’est quoi une société ?
- Un ensemble de crétins qui ont décidé de vivre ensemble.
- Dis papa, pourquoi ils vivent ensemble ?
- Pour ne pas se sentir seuls.
- Dis papa, c’est pour ne pas se sentir seul qu’on se rase ?
- Oui c’est ça. Enfin non, c’est plus compliqué. Finis de manger ta mousse à raser.

Mon gamin venait encore de mettre le doigt sur un sujet complexe : la vie en société. En fin sociologue de comptoir, je me devais de lui baliser le chemin qui mène à la compréhension de l’être humain dans son rôle d’animal social. Contrairement à la recherche fondamentale traditionnelle, les sciences de comptoir ont pour méthodologie une observation rigoureuse et alcoolisée d’une série d’exemples sortis de leur contexte. Les travaux aboutissent souvent à une conclusion limpide rédigée sous la forme d’un proverbe ou d’un dicton. “Tombera pas plus bas” ou encore “Ce qu’il nous faudrait c’est une bonne guerre” sont gravés dans le zing pour nous rappeler que la vérité est cachée au fond d’un verre de bière.

J’ai récemment été confronté à trois communautés qui bien que fort différentes, partagent beaucoup de caractéristiques communes.

Tu veux toucher ma baguette magique ?

Vous avez sans doute déjà entendu parler de Barry Polders. Ce petit personnage pathétique de littérature enfantine a su réveiller l’imbécile couillon qui sommeillait dans le cœur de tous les adulescents. Le septième et ultime volume de la série vient de paraître simultanément à la sortie de l’adaptation cinématographique du cinquième. Les fans, dont ma femme fait partie, ont hissé cette série puérile au rang de tragédie grecque et chaque événement lié de près ou de loin aux aventures du petit magicien homosexuel déclenche l’hystérie collective.

Samedi, par devoir conjugal, j’accepte de me rendre au cinéma pour une projection de Barry Polders et l’ordre du pénis. Le précédent opus, Barry Polders et la croupe de feu, m’avait déjà laissé dubitatif. Pas de cul et une intrigue digne d’un épisode de derrick, le tout enrobé dans une mièvrerie qui ferait passer Walt Disney pour Russ Meyer.

En chemin, nous passons devant la librairie Waterstone’s ouverte en ce jour de fête nationale belge pour la sortie du roman. Une bande de trentenaires psychopathes attend son fix, l’ambiance est électrique. N’écoutant que ma lâcheté, j’accepte de faire la file pour ma femme et de lui acheter son foutu bouquin. Je me retrouve coincé entre un type monté sur des échasses et son complice, vêtu de noir et un bas nylon sur le visage, qui m’agite un morceau de bois sous le nez. Notre échange verbal tient en ces quelques mots.
- Tu as l’air bien impatient petit homme…
- Fous-moi la paix ou je t’empale sur ta baguette magique.

Je pense avoir raté le concours d’entrée au club des amis de Barry Polders.

Mes amis de Myspace

Le concept de Myspace est très simple. C’est un site web communautaire sur lequel on s’inscrit volontairement pour recevoir du spam. En échange on se fait plein d’amis de Myspace. Quand quelqu’un vous ajoute dans sa liste d’amis de Myspace, il faut le remercier en laissant un commentaire sur sa page.

- Merci pour l’add, je n’ai pas écouté ta musique, mais c’est génial, continue !

J’avais pour intention de créer mon Myspace rien qu’à moi avec mes amis de Myspace personnels. Malheureusement il existe deux types de Myspace. Le Myspace normal, pour les glands, et le Myspace Music, pour les musiciens. J’ai mis deux jours à chercher comment mettre mes morceaux en ligne avant de constater que j’avais un Myspace de gland où l’opération est impossible. Le lecteur averti répliquera qu’il suffit d’ouvrir un Myspace de la bonne catégorie pour trouver une solution à mon problème, mais c’est sans compter sur les amis de Myspace déjà validés.

Il faut savoir que Myspace vous fournit gratuitement trois amis de Myspace à la minute. En deux jours j’ai accumulé assez d’amis de Myspace pour plusieurs vies. J’envisage même de revendre une partie de mes amis de Myspace sur Ebay. Si je change de catégorie de Myspace, mes amis de Myspace risquent de perdre ma trace. Je ne peux pas courir pareil risque.

Myspace c’est un peu comme recopier l’annuaire dans son répertoire téléphonique. Maintenant je me sens moins seul grâce à mes amis de Myspace pour la vie. Tant pis pour la musique. Myspace c’est trop punk dans le concept.

V.R.P. Area

Il y a quatre semaines, une blogueuse célèbre que nous appellerons Sophie la folle pour conserver son anonymat m’envoie une invitation au site communautaire V.R.P. Area. Les utilisateurs, principalement de jeunes goths à la sexualité encore hésitante, sont organisés selon une hiérarchie directement induite par leur degré d’implication dans la société virtuelle. Ma marraine a besoin de victimes pour prendre du galon et pouvoir observer le comportement de cette communauté sur le plan littéraire. Le tout est inscrit dans le cadre de sa thèse de doctorat. Design irréprochable, interface ergonomique, j’accepte.

Soucieux de faire progresser ma parente, je joue le jeu et tente de faire publier un article pour à mon tour monter en grade dans le petit système féodal. La plupart des articles publiés sur ce site sont des copier/coller d’encyclopédies paramédicales traitant de déviances sexuelles. Je choisis rapidement le cercle consacré au fétichisme et propose un article ayant pour sujet une de mes passions : l’hamstérophilie. Par rigueur scientifique, je le cite dans son intégralité.

On confond souvent l’hamsterophilie avec ce sport qui consiste à repeindre ses sous-vêtements en levant de la fonte. Il n’est pourtant pas question d’épaulé-jeté dans le sujet qui nous préoccupe.

30 millions d’amants

Nous sommes nombreux à avoir partagé nos joies et nos peines d’enfant avec un petit rongeur domestique mieux connu sous le nom de hamster. Ceux qui ont eu la chance de tenir ces petites boules de poils au creux de leurs mains savent à quel point il est difficile de résister au mignon petit mammifère. Compagnon de jeu naturel des plus petits, il arrive souvent qu’à l’âge adulte la relation d’amitié se transforme en des sentiments plus forts. Peu à peu, la complicité fait place à la passion.

Pourtant, même si le désir se fait pressant, le passage à l’acte est à proscrire. De par sa morphologie, le hamster peut difficilement entretenir des rapports sexuels classiques avec un humain. Cependant, il existe bien d’autres manières de se donner du plaisir sans mettre en danger la santé de son petit compagnon.

Entretenir le désir

Le marché des tenues affriolantes pour rongeurs étant limité, il est souvent nécessaire de recourir au bricolage maison. Quelques coups de ciseaux dans un ballon à gonfler de couleur noire et vous obtenez une superbe tenue en latex. Pour l’application du verni à ongles, préférez les pinceaux à poil de martre de type court. Il est prudent de vérifier que les différents accessoires prévus soient adaptés à votre hamster. On trouve dans le commerce des mini pinces à linge parfaitement adaptées aux mamelons de la fouine ou de la belette, mais dangereuses pour un animal de la taille du hamster.

Détournement de mineur

Affublé d’un casque et d’une lampe de mineur, votre petit partenaire part à l’assaut de vos terriers les plus intimes. Et là, c’est le drame. Suffocation, éboulements ou coup de grisou sont autant de dangers potentiels à l’issue souvent fatale. Il ne faut jamais laisser un hamster vous explorer tête la première. Préférez les pattes arrières, pas plus loin que le nombril, et prenez la précaution de lui confectionner un harnais de rappel à l’aide d’ingrédients usuels tels que de la ficelle à rôti et du papier collant.

Ho oui ! Fais-moi mal !

En plaçant sur ses organes génitaux deux électrodes reliées par une dynamo à la roue de son hamster, l’amateur de sensations fortes peut prendre du plaisir toute la nuit sans que jamais son partenaire ne faiblisse. Nombreux sont les rongeurs à préférer une activité nocturne, mais il est possible de les stimuler en journée en occultant les sources de lumière. Attention toutefois à ne pas pratiquer cette activité sous la douche ou dans le bain afin d’éviter un accident domestique connu du grand public sous le nom de syndrome de Claude François.

Et ils eurent beaucoup d’enfants ?

En matière de contraception, pas de souci à se faire. La littérature médicale ne recense pas de fécondation entre un humain et un hamster. Cependant, en cas de partenaires multiples, il est fortement recommandé de se protéger. Cet article n’a pas la prétention d’être exhaustif et ne fait que mettre en avant quelques suggestions. Il reste quantité de voies à explorer et c’est à chaque couple de trouver le modus operandi qui pourra combler son désir dans le respect du consentement mutuel. Bon amusement !

Au bout de quelques heures, je suis contacté par une sorte de mère maquerelle prépubère cachée sous le pseudonyme Tinky Winky. Mon article est hors sujet et ne sera pas publié. J’ai ensuite proposé un papier sur le Shibari adapté aux femmes troncs mais il a subi le même sort.

On ne plaisante pas avec le fétichisme sur V.R.P. area. On se paluche entre goths en matant du hentai et on s’exhibe paré de ses plus beaux filtres photoshop. Je dois admettre que sur les 16808 utilisateurs, j’en ai rencontré trois qui sortaient du lot. Madame Hemma et la princesse Layla, un couple de lesbiennes militantes poilues comme des ours et pleines d’esprit deux jeunes filles biens sous tous rapports *, et monsieur Yan, une sorte de Han Solo avec un kilt et une Les Paul Classic. En cherchant bien, j’aurais certainement pu trouver d’autres spécimens d’êtres humains cérébrés, mais je n’ai pas eu la patience de persévérer.

C’était long ? Ca vous apprendra à vous plaindre qu’il y a de la poussière sur les murs de mon vénérable broll. Tâchons de conclure.

De mes rencontres avec ces trois communautés, les trentenaires attardés, les punks de la grande consommation et les goths onanistes, j’ai pu tirer un enseignement. L’homme n’a jamais été aussi seul que depuis le grand exode des replis communautaires. Il est temps dans notre société de le remettre à sa place : Accoudé au bar dans un bistrot.

* Tout le monde peut se tromper.

Ambiance musicale : Unkle – Restless – War Stories

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Les français l’ont dans le fillon

mai 22nd, 2007 by Pounk

Je vous ai déjà parlé de James ? James, c’est mon fils. Il a de nombreux admirateurs dans cette bonne principauté de Liège et nous avons fait le déplacement pour célébrer sa joyeuse entrée dans la cité ardente.

Alors que nous faisons halte chez mes parents, j’aperçois leur chien qui fait mine de s’échapper. N’écoutant que mon courage, je décide de ramener le petit terrier à la raison. Je l’ai déjà coursé dans la campagne un nombre incalculable de fois au cours de ses précédentes escapades. Agé de 17 ans, atteint d’un cancer de la prostate et pratiquement aveugle, il ne lui reste comme arme qu’un seul et unique croc qu’il exhibe non sans une certaine fierté.

Je n’imaginais pas que la morsure d’un chien de cette taille puisse être si profonde. S’il n’a pas traversé la main, on pouvait aisément observer les tendons au cœur de la plaie. Déterminé à ne pas me faire amputer de la main gauche, j’ai eu recours aux services du médecin de garde. Le praticien n’ayant pas de quoi suturer dans sa sacoche, c’est la main enrobée de gaffa que j’ai regagné ma tanière.

Un rappel de vaccination antitétanique plus tard, je m’interroge sur la morale de cette histoire. Je vois dans mon aventure un parallèle à faire avec les récents exploits électoraux du peuple français. Ils ont, comme moi, accordé leur confiance à un petit roquet. Gageons qu’il ne faudra pas longtemps avant qu’ils se fassent mordre. Mais contrairement à moi, nos amis les chantres du gros rouge et de la baguette semblent y prendre plaisir. Depuis Vincent Auriol sous la quatrième république, les français n’ont plus élu de président de gauche. S’il y a bien eu illusion d’alternance, celle-ci a pris corps dans la peau d’un larbin de Vichy converti sur le tard pour satisfaire sa soif de pouvoir.

Nous connaissons tous la métaphore de l’ours sodomite. Je ne sais plus qui de Platon ou de Jean-Marie Bigard en est l’auteur, mais elle s’applique parfaitement à la présente situation. Un chasseur attend devant l’entrée d’une caverne que le plus monstrueux grizzli jamais aperçu sorte d’hibernation et pointe le bout de son nez. Au réveil, le plantigrade désarme le chasseur et en guise de punition, le sodomise sauvagement. L’anus à peine recousu, le malheureux chasseur retourne à la caverne bien décidé à prendre sa revanche. L’histoire se répète une dizaine de fois. C’est finalement armé d’un lance-roquettes que le pauvre homme fait une dernière tentative. Rien n’y fait, l’ours le désarme. Alors qu’il s’apprête à lui défoncer le cul, il lui dit tout bas à l’oreille :

- Dis l’ami, tu serais pas un peu pd ?

Nos amis français me font penser à cet infortuné chasseur quand ils vont voter. C’est à se demander s’ils ne seraient pas un peu de droite.

Ambiance musicale : Kyuss - One Inch Man - …And the Circus Leaves Town

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